Du nouveau concernant le paludisme
Petit rappel :
Le paludisme appelé aussi malaria est une parasitose due à un protozoaire transmis par la piqûre de la femelle d'un moustique,
l'anophèle, provoquant des fièvres intermittentes. Le paludisme demeure la parasitose tropicale la plus importante. 80 %
des cas sont enregistrés en Afrique subsaharienne, où ils concernent majoritairement les enfants de moins de 5 ans et les femmes
enceintes.
Le parasite sévit à l'état endémique, infecte les cellules hépatiques de la victime puis circule dans le sang, en colonisant les
globules rouges et en les détruisant.
Nouvelle découverte : c'est grâce à une mutation génétique particulièrement répandue chez elles que certaines populations
d'Asie du Sud-Est ont développé une résistance accrue contre le paludisme. Cette mutation vient d'être identifiée par des
chercheurs.
En Asie du Sud-Est, 18 à 25 % de la population est porteuse de cette mutation qui est corrélée à une moindre charge parasitaire de
Plasmodium vivax, principal agent du paludisme dans cette partie du monde (il y est responsable de la moitié des cas). Ce parasite,
en plus des symptômes classiques de la maladie, est à l'origine de problèmes de nutrition chez les enfants et de déficits de
poids importants à la naissance, se répercutant ainsi de manière alarmante sur la santé, voire sur la survie des plus jeunes. La
mutation identifiée comme protectrice par les chercheurs affecte le gène de l'enzyme G6PD. Associé à l'ingestion de certains
aliments dits "oxydants", la déficience de cette enzyme entraîne des troubles plus ou moins sévères, comme des jaunisses ou
des anémies. Mais son effet protecteur face à Plasmodium vivax explique pourquoi cette mutation aux conséquences nocives a finalement
pu atteindre de telles fréquences dans cette région du monde.
L'étude a enfin permis de dater l'apparition de cette mutation dans le génome humain. Elle est survenue il y a 1.500 ans en Asie du Sud-Est. Cette période coïncide avec l'extension de la culture rizière qui, nécessitant une déforestation massive, a favorisé le rapprochement entre les hommes et les moustiques, vecteurs de la maladie. Devant cette pression infectieuse plus forte, liée à l'exposition accrue aux moustiques, les personnes porteuses de la mutation possédaient un avantage.et ont mieux survécu.
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