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Même si les gaz à effet de serre, comme le CO2 ou le méthane, jouent un rôle majeur dans le réchauffement climatique, un autre facteur réchauffe notre planète : les aérosols atmosphériques.

Les aérosols atmosphériques sont des particules très fines suspendues dans l'air. Ils sont formés par la dispersion de substances sur la surface de la Terre (aérosols primaires), ou par la réaction des gaz dans l'atmosphère (aérosols secondaires). Ils incluent les sulfates et les nitrates de l'oxydation respective du dioxyde de soufre et de l'oxyde nitrique pendant la brûlure des combustibles fossiles, des substances organiques de l'oxydation des composés organiques volatils, de la suie des feux, et de la poussière minérale des processus soufflés par le vent. Les aérosols naturels, qui incluent également le sel de mer et la poussière volcanique, sont probablement 4 à 5 fois plus grands que ceux synthétiques sur une échelle mondiale, mais les variations régionales de la pollution synthétique peuvent changer ce taux de manière significative dans certains endroits, en particulier dans l'hémisphère du Nord industrialisé. Bien que représentant seulement un dans un milliard de la masse de l'atmosphère, ils ont le potentiel d'influencer de manière significative la quantité de lumière du soleil atteignant la surface de la Terre, et donc le climat.

Selon une nouvelle étude, 45% du réchauffement observé ces 30 dernières années en Arctique serait attribuable à l’action des aérosols.

Mais il faut rappeler que tous les aérosols n’ont pas le même effet sur le climat terrestre: une partie de ces particules injectées dans l’atmosphère naturellement ou par l’action de l’Homme bloque le rayonnement solaire : c’est l’effet parasol qui refroidit la Terre. Une autre partie des aérosols, notamment les suies issues de la combustion, absorbe le rayonnement solaire et réchauffe les couches atmosphériques.

Cette double action serait en jeu au-dessus de l’Arctique.

Suite aux mesures prises en Europe et en Amérique du Nord pour réduire leurs émissions, les aérosols sulfatés (qui ont un effet parasol) ont diminué au-dessus de l’Arctique. En même temps, les aérosols carbone-suie, qui ont l’effet inverse, ont augmenté avec la pollution croissante du continent asiatique.

Les régions du globe situées aux moyennes et hautes latitudes sont particulièrement sensibles aux variations des quantités d’aérosols dans l’atmosphère. De fait, les régions les plus sensibles dans leur modélisation correspondent à celles qui se sont le plus réchauffées ces dernières décennies. En Arctique, ce réchauffement est de 0,5°C par décennie depuis 50 ans. Plus éloigné des autres continents, l’Antarctique est moins sensible aux aérosols.

Cette étude n’est pas la première à pointer le rôle important des aérosols dans les changements climatiques. Il reste que l’impact des aérosols sur le climat est moins bien maîtrisé que celui des gaz à effet de serre et que les scientifiques ont encore besoin d’améliorer leurs connaissances dans ce domaine.

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29 juillet 2010
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