De nouvelles recherches sur la dermite atopique
Des scientifiques viennent de découvrir une variante génétique qui semble être associée à un risque plus élevé de dermite ou dermatite atopique. Ils espèrent que leurs résultats conduiront au développement de nouveaux médicaments pour soigner cette maladie chronique.
Rappel :
La dermatite atopique est une maladie inflammatoire de la peau caractérisée par des rougeurs et des démangeaisons, elle est également appelée eczéma atopique.
Cette affection est causée par une anormalité sous-jacente du système immunitaire qui entraîne des lésions de la peau. Il s'agit d'une maladie chronique et les patients font typiquement l'expérience de périodes de rémission et d'exacerbation, connues sous le terme de poussées, étalées sur de nombreuses années ou même tout au long de leur vie.
Les caractéristiques principales de cette maladie incluent une peau sèche qui démange et s'épaississant à la suite des grattements. Au cours de la petite enfance, l'on retrouve habituellement les lésions sur les joues, le cuir chevelu et les membres, chez les enfants plus âgés et les adultes, ce sont principalement les surfaces de flexion, comme les plis du coude et des genoux qui sont touchés. Dans la plupart des cas, cela touche des individus avec antécédent personnel ou familial de troubles atopiques.
Il existe deux types différents de dermite atopique
- La forme la plus commune, touchant environ 70 % des patients est de type allergique. Elle est associée à une anormalité particulière du système immunitaire : les patients présentent des taux plus élevés d'un anticorps spécifique, l'IgE. Cet anticorps est impliqué dans les réactions allergiques et agit en tant que médiateur crucial entre le système immunitaire et les facteurs déclencheurs de l'environnement. Dans l'AD, la présence de l'IgE spécifique et des molécules allergènes active le système immunitaire en entraînant la stimulation de plusieurs types de cellules. Ces cellules incluent une sous-population de leucocytes, appelées cellules T, qui agissent en tant que joueur clé dans le développement de la maladie. Une fois activées, ces cellules T subissent une série de modifications au niveau de leur biochimie moléculaire et libèrent des molécules messagères, appelées cytokines. Les cytokines dirigent les réponses allergiques, ce qui dans le cas de l'AD entraîne la formation de lésions dermatologiques.
- Le deuxième type, non-allergique, touche environ 30 % des cas. Cette forme moins commune partage les mêmes symptômes cliniques mais survient sans une élévation des taux d'IgE. Les DA allergiques et non-allergiques sont néanmoins associées à de nombreuses anormalités immunologiques similaires, la plus importante étant une augmentation de l'activation des cellules T.
Par ailleurs, l’alimentation joue aussi un rôle dans l’apparition et l’aggravation de la dermatite. Les parents doivent veiller à ne pas introduire de nouveaux aliments trop tôt, particulièrement ceux qui sont très allergisants (allergènes) comme le blanc d’œuf, le gluten ou la cacahuète.
De nombreuses études épidémiologiques suggèrent que des facteurs génétiques pourraient également avoir une grande influence sur les risques de développer cette maladie. Dans un travail récent, des scientifiques européens ont décelé une variante génétique associée à un risque plus élevé de dermatite atopique.
Il est intéressant de noter que cette même variante est associée à un risque plus élevé de la maladie de Crohn. Cette affection chronique du tube digestif se manifeste par des poussées suivies de phases de rémission et se caractérise par des douleurs abdominales, un amaigrissement, une diarrhée et de la fièvre. Dans les cas les plus graves, le traitement chirurgical, qui consiste en l’ablation d’une partie de l’intestin, est parfois nécessaire.
La maladie de Crohn présente de nombreux points communs avec la dermatite atopique, notamment l'inflammation, une déficience de la fonction de barrière de la peau ou de la muqueuse et une insuffisance de la réponse immunitaire innée aux infections bactériennes. La découverte de ce lien génétique entre les deux affections explique aussi pourquoi beaucoup de personnes atteintes de la maladie de Crohn souffrent également de dermatite atopique.
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