Nouvelles perspectives: lutter contre les récidives du cancer de l’ovaire.
Le cancer de l'ovaire est l'un des plus graves cancers gynécologiques. Près de 3 femmes traitées sur 4 voient leur cancer réapparaître. Face à ce cancer redoutable, un nouvel espoir apparaît : un vaccin capable de prévenir les récidives et ainsi de mieux combattre ce fléau féminin.
Le cancer de l'ovaire a tendance à récidiver et à s'avérer dans ce cas très difficile à prendre en charge.
5 à 10 % des cas sont d'origine génétique, retrouvés dans les familles ayant un gène de prédisposition BRCA1 ou BRCA2 muté. Malgré des thérapeutiques efficaces, un dépistage souvent tardif, dû à la discrétion des symptômes, explique en grande partie le très mauvais pronostic de ce cancer. Le traitement est à la fois chirurgical, dans le but d'enlever totalement la tumeur, et chimiothérapeutique.
Malgré les excellents résultats de cette thérapeutique de première ligne, le problème qui demeure est le taux de récidive élevé. Les femmes qui souffrent d'un cancer au stade tardif sont mises en rémission complète dans 80 % des cas mais 75 % d'entre elles rechutent en moyenne au bout de 16 à 18 mois.
Tous les essais réalisés depuis des années avec des traitements traditionnels, en vue d'améliorer ce taux de rechute, se sont soldés par des échecs. Une approche thérapeutique totalement nouvelle consiste en une vaccination thérapeutique qui préviendrait les récidives après un premier traitement réussi. Le principe de cette approche immunothérapeutique repose sur l'injection d'une molécule baptisée Abagovomab chez les patientes souffrant d'un cancer de l'ovaire. Ce vaccin stimule le système immunitaire féminin de telle manière que celui-ci sélectionne et détruise les cellules tumorales afin de prévenir toute récidive de la tumeur.
Cette molécule est un antigène conçu pour ressembler à l'antigène CA125, une protéine retrouvée en grandes quantités à la surface des cellules tumorales dans le cancer de l'ovaire.
Conduite dans 9 pays, l'étude clinique MIMOSA2 teste l'efficacité du vaccin à base d'Abagovomab.
Lancé en 2006 par le groupe pharmaceutique A. Menarini, cet essai constitue la première étude de phase III d'une telle envergure, destinée à tester l'Abagovomab en thérapie de consolidation chez des femmes avec un cancer de l'ovaire et ayant complètement répondu à la chimiothérapie de première ligne3. Le but est de répondre à cette question : ce vaccin est-il capable de prévenir le risque élevé de récidive chez les patientes ? Au-delà de cette question, les critères également étudiées sont la survie globale, l'innocuité du traitement et la durée de la réponse immune. La France compte depuis la fin 2008 parmi les pays impliqués.
Les premiers résultats sont attendus pour début 2011 et les conclusions définitives seront connues en 2015.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2009-02-18/nouvelles-perspectives-lutter-contre-les-recidives-du-cancer-de-l-ovaire.htm
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