Vade retro, satanée culpabilité!
Il n’est pas étonnant qu’un jour sur deux nous
arborions un visage légèrement crispé par
l’ensemble de nos missions quotidiennes accompagnées
par tous les messages culpabilisants que nous envoient
alternativement nos enfants ou notre employeur.
On reste tard au travail? Nous recevons de nos charmants
enfants une facture psychologique comportant des vengeances
de toutes sortes : cris, énervement, refus en tous
genres, mutisme ou mine
désespérée.
On rentre plus tôt du travail ? Primo, nos
collègues nous demandent si nous sommes malades.
Secundo, les enfants semblent contents mais une autre facture
nous attend le lendemain : les grincements de dents
d’un patron qui trouve, comme par enchantement, ses
dossiers incomplets. D’où ce tiraillement permanent
qui nous pourrit l’existence…
A cet entourage proche vient se greffer un ensemble
d’âmes bien pensantes qui nous assènent,
insidieusement ou non, quelques coups bas. Ce qui nous
laisse de plus en plus perplexes sur la question. Que ce soit une
institutrice et ses : « il est turbulent
mais il ne vous voit, paraît–il, pas
beaucoup », une mère au foyer et ses :
« ils ont tellement besoin de nous à cet
âge là », un chômeur qui voit son
salut professionnel dans le retour de la femme au foyer,
jusqu’à notre propre mère qui nous
rabâche les oreilles avec des : « de mon
temps, on ne travaillait pas et on s’en portait très
bien » et ce bien sûr devant notre
progéniture ébahie de découvrir que
d’autres ont vécu autrement. Tous et toutes semblent
se délester du poids de leurs soucis en augmentant
le nôtre.
Mais, me direz-vous, quelles sont les solutions pour ne pas finir
en zombie rongée par les remords ?
Tout d’abord, se rendre compte que notre culpabilité
est une arme puissante qui se retourne contre nous. Un enfant a,
dès le plus jeune âge, la capacité de
percevoir ce sentiment et n’aura de cesse de
l’exploiter à son avantage. De plus, et c’est
valable pour les employeurs, ils collectionneront
plus facilement nos jetons d’absence, que nos jetons de
présence. Au vu des ces constatations, à moins de
changer radicalement de style de vie pour qu’ils en soient
réellement reconnaissants, les sursauts de changements ne
seront pas suffisamment efficaces pour soulager notre
conscience.
Nous rentrons parfois plus tôt et cherchons
désespérément un signe de satisfaction qui
ne se manifeste que très rarement. Que dire de ces
activités partagées à un moment non
adéquat pour nous mais qui a la vertu de renforcer notre
bonne conscience ? Nous adoptons parfois une attitude
paradoxale : lire une histoire en soupirant, rêvasser en
jouant ou téléphoner en câlinant. Cette
fausse présence est souvent plus mal vécue que
l’absence proprement dite.
Il n’est pas question ici de faire l’apologie
d’un choix de vie mais de préconiser
l’adoption
d’un style de vie qui nous convient personnellement, nous
épanouit plutôt que de faire des choses par
obligation ou d’installer une pointeuse dans notre
tête . L’épanouissement favorise à la
fois la rentabilité au travail et la
sérénité familiale.
Bon nombre de psychologues ont suffisamment affirmé que la
qualité des moments passés en famille primait sur
la quantité .Ce qui est extrapolable sur le plan
professionnel. Nous semblons cependant l’oublier.
Commençons donc notre journée en nous disant que
nous faisons ce que nous pouvons, avec les moyens que nous avons.
Apprenons à nous pardonner nos absences passées en
nous remémorant toutes les bonnes choses que nous avons
malgré tout accomplies. Cessons d’écouter les
parasites qui nous polluent et sourions à leurs
agressions.
Et pour terminer, n’oubliez pas de vous ménager
quelques moments rien qu’à vous…
Ces parenthèses vous rendront plus disponibles aux autres.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2008-09-19/vade-retro-satanee-culpabilite.htm
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