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Les campagnes de prévention qui servent à déconseiller l'usage de drogues, de tabac et d'alcool pendant la grossesse devraient-ils aussi s'adresser aux pères? Il semble que la conduite de ceux-ci influence dans une certaine mesure celle de la mère. Et pour l'instant, ils ne donnent pas vraiment le bon exemple.  

Les femmes enceintes dont le partenaire continue à user ou à abuser de substances nocives (alcool, tabac, drogues…) ont plus de chance de faire elles-mêmes les mêmes abus. Si les deux partenaires ont l'habitude de boire à l'excès par exemple, il sera plus facile pour la femme d'y renoncer si un vrai changement de style de vie s'effectue pendant la grossesse que si son compagnon continue à s'occuper de cette manière tous les samedis soirs. En ce qui concerne la drogue, la présence de la substance dans le lieu de vie est évidemment un encouragement. Et de toute façon, renoncer à une dépendance pendant la grossesse ne va pas de soi; c'est une entreprise pour laquelle les femmes ont besoin de tout le soutien de leur partenaire.

Une étude américaine s'est récemment penchée sur les habitudes de jeunes hommes et femmes (entre 21 et 24 ans) par rapport au fait que des couples attendaient un enfant ou non. Trois dépendance étaient étudiées: le "binge drinking" (le fait d'absorber de grandes quantités d'alcool en une fois), l'utilisation de marijuana et le tabagisme. Résultat: chez les femmes, le fait d'être enceinte fait diminuer ces trois mauvaises habitudes. Chez les hommes, en revanche, pas de grande différence, sauf une petite diminution dans le tabagisme. Et dans tous les cas, les taux d'utilisation de substances après l'accouchement remontaient rapidement aux niveaux qu'ils avaient connus avant la grossesse.

L'étude portait sur une frange particulière de la population. Plus de la moitié des participants avaient connu une enfance dans la pauvreté. Il est cependant possible de tirer des conclusions quant à la meilleure manière de lutter contre les dépendances. Le temps de la grossesse est doublement important à ce titre, d'abord parce que la plupart des parents se posent à ce moment là la question d'une vie plus saine, même si leur questionnement n'est pas toujours suivi d'effet. Et ensuite parce que la consommation de drogue ou de cigarette par n'importe lequel des deux parents est associé à certaines conséquences pour l'enfant: faible poids de naissance, risque accru de mort subite du nourrisson et autres. Le fait d'être deux à arrêter rend les choses plus faciles. Et si un vrai changement a été fait, à deux, dans un style de vie qui encourageait les abus, il sera plus facile de maintenir après la naissance les efforts faits pendant la grossesse.

Avis aux décideurs, donc: il est temps de vous intéresser aux pères aussi quand vous déconseillez les abus et les substances néfastes pendant la grossesse!

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11 février 2012
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