Nouvelles recherches sur la toxicité des nanotubes de carbone
Un chercheur belge a présenté les résultats
d’une vaste étude sur le potentiel toxique des
nanotubes de carbone pour la santé. Des travaux
scientifiques qui doivent permettre d’anticiper et de mieux
prévenir l’exposition des salariés à
ces matériaux émergents.
Dans le cadre des « Rencontres scientifiques » de
l’Agence française de sécurité
sanitaire de l’environnement et du travail, qui se
déroulaient à Paris, le chercheur belge a
présenté les résultats d’une vaste
étude expérimentale, menée durant quatre ans
avec son équipe, sur le potentiel toxique des nanotubes de
carbone pour les poumons.
Du fait de leurs propriétés électriques,
thermiques (résistants aux hautes températures),
mécaniques (légers et plus solides que
l’acier) et hydrophobes, ces matériaux
émergents ouvrent, en effet, des perspectives
industrielles prometteuses et pourraient bientôt être
utilisés, en masse, dans divers secteurs tels que
l’aéronautique, l’automobile (pour le stockage
de l’hydrogène), ou encore le médical (en
tant que vecteurs de médicaments). Or, sachant que les
fibres et le noir de carbone, déjà existants, ont
des effets inflammatoires et cancérigènes sur le
système respiratoire et la peau, Dominique Lison et son
équipe ont voulu en savoir plus sur la toxicité
respiratoire des nanotubes de carbone, qui pourraient devenir
communs dans les années à venir.
Pour évaluer leur toxicité, les scientifiques ont
mené une série d’expérimentation
« in vivo » sur des rats, et « in vitro »
sur des cellules. Après avoir injecté aux rongeurs
une unique dose de nanotube de carbone multifeuillet, les
chercheurs ont constaté que les particules provoquaient
une réponse inflammatoire accompagnée d’une
réaction fibrotique d’intensité comparable
à celle observée après
l’administration de fibres d’amiante. Et deux mois
après l’injection, la présence de ces
nanotubes de carbone persistait toujours dans les poumons des
animaux. Pour savoir si cette réaction inflammatoire
pouvait conduire à un cancer, les chercheurs ont ensuite
analysé, « in vitro » les cellules du
système respiratoire des rats et n’ont pas pu
conclure à un lien direct entre l’inhalation des
nanotubes de carbone et la formation de cancer.
Afin de comprendre les raisons pour lesquelles ces
matériaux provoquaient tout de même des
réactions inflammatoires et génotoxiques, les
scientifiques ont chauffé à 2400°C les
nanotubes de carbone : ce qui a permis
d’éliminer les métaux contenus à
l’intérieur mais ce qui a aussi modifié leurs
structures en y introduisant des défauts.
Après avoir injecté ces nanotubes modifiés,
dans de nouveaux rats, l’équipe a alors
découvert que c’était, justement, la
présence de défauts dans la structure des
matériaux qui était à l’origine
d’effets néfastes sur le système
respiratoire. Plus la structure d’un nanotube de
carbone multifeuillet est imparfaite, plus son inhalation
représente des risques. Ce résultat ouvre une piste
pour réduire la génotoxicité de ces
matériaux .
L’ensemble de ces résultats révélent que les nanotubes de carbone représentent un danger en cas d’inhalation,.Des mesures d’hygiène industrielle et de protection individuelle paraissent donc nécessaires pour réduire l’exposition des salariés lors de la manipulation de ces matériaux.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2008-05-13/nouvelles-recherches-sur-la-toxicite-des-nanotubes-de-carbone.htm
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