Sida et procréation artificielle
Il s'agirait d'une première mondiale ! A l'hôpital
Erasme, une maman séropositive a donné naissance
à un enfant sain. Comment ? Grâce à la
fécondation in vitro, mais aussi grâce à un
diagnostic effectué sur les embryons avant implantation
dans l'utérus, ce qui a permis d'écarter les
embryons potentiellement contaminés par le HIV.
Les patients atteints du sida souffrent encore de discriminations
et ne bénéficient pas d'une égalité
d'accès aux soins et traitements, notamment dans le
domaine de la procréation
assistée.
Les équipes de l'hôpital Erasme ont en effet pris en
charge la stérilité d'un couple au sein duquel la
femme est atteinte par le HIV. Les deux parents étant en
outre porteurs sains de la drépanocytose, il a fallu
pratiquer une fécondation in vitro avec diagnostic
préimplantatoire, lequel empêche de
transférer un embryon malade. La drépanocytose,
maladie génétique très fréquente dans
la population d'origine africaine, est responsable d'une anomalie
de l'hémoglobine contenue dans les globules
rouges.
Comme le père et la mère étaient porteurs
sains de la drépanocytose, il y avait un risque sur quatre
pour que la mère mette au monde un enfant atteint de la
maladie. Avec le diagnostic préimplantatoire, les
médecins ont analysé les gènes des embryons
afin d'éliminer les embryons malades. Ils ont en
outre soumis la maman à un traitement médicamenteux
permettant d'empêcher la transmission du virus de la
mère à l'enfant.
Il s'agit d'une petite révolution dans le monde
médical, étant donné qu'une patiente
atteinte du VIH a pu, pour la première fois,
bénéficier de cette technologie de la
procréation assistée. Le diagnostic
préimplantatoire existe depuis 17 ans. La prise en charge
du VIH en procréation assistée existe depuis la fin
des années '90. Dix ans plus tard seulement, la
première combinaison des deux techniques a
été réalisée. Symboliquement, la
signification de ce traitement est très importante.
Techniquement, on ne fait que combiner deux méthodes que
l'on pratique régulièrement.
Mais les patients atteints du sida ont encore de nombreuses difficultés d'accès au traitement. Trop d'équipes médicales sont encore réticentes à prendre en charge des patientes atteintes de VIH, en raison d'un risque de contamination. Le sida reste une maladie qui fait peur, même en milieu hospitalier.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2008-03-12/sida_et_procreation_artificielle.htm
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