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L’échinacée, la panacée?

Webmaster 07/02/08 12:13

Certains croient que l’échinacée permet de lutter contre le rhume.

À quelques jours d’intervalle cet automne, les médias nous ont rapporté deux études contradictoires sur les effets de l’échinacée (ou rudbeckie pourpre) dans la lutte contre le rhume.

Qui croire? On  a posé la question à trois équipes d’étudiants de la Faculté de pharmacie  de Paris qui présentaient leurs recherches sur le sujet à un symposium sur les produits de santé naturels le 23 novembre. Premier constat: les études sur l’échinacée se suivent, mais ne se ressemblent pas.

Une équipe a examiné la littérature relative aux effets de la rudbeckie sur les enfants. Dans l’ensemble, les résultats indiquent que la diminution de la gravité des symptômes et de leur durée est minime, soit de l’ordre de 10 à 30 %, et que les extraits de la plante ne se sont pas révélés efficaces pour réduire la fièvre, les éternuements et l’écoulement nasal.

Une seule étude semble avoir mis au jour des effets plus marqués, soit une réduction de 62 % de la durée de l’infection; mais, dans ce cas, les extraits ont été administrés avec de la vitamine C et de la propolis (substance végétale anti-infectieuse recueillie par les abeilles).

Certains travaux montrent par ailleurs que l’échinacée serait contre-indiquée dans les cas d’éruptions cutanées et d’allergies au pollen de certaines fleurs. L’équipe conclut que la plante n’est pas recommandée chez les enfants puisque les bienfaits ne sont pas supérieurs aux risques.

Les recherches des autres équipes montrent elles aussi une efficacité limitée de l’échinacée lorsque celle-ci est administrée dès les premiers signes de rhume. La plante renforcerait la réponse immunitaire mais aurait à long terme un effet inverse, ce qui la rend contre-indiquée en cas de maladies auto-immunes (lupus, sclérose en plaques, arthrite rhumatoïde) ou quand elle est combinée avec des immunosuppresseurs.

Selon les étudiants, les résultats souvent contradictoires seraient dus au fait qu’il n’y a pas de standardisation dans les préparations d’échinacée ni dans les protocoles de recherche. Les composants actifs de la rudbeckie ne sont pas tous connus et varient selon les trois espèces qu’on trouve sur le marché (angustifolia, pupurea ou pallida). Les différents produits de consommation sont tirés de différentes parties de la plante (racine, tige, feuilles, fleur) et existent sous diverses formes (jus, comprimés, infusions, teintures). Finalement, certaines études ont été faites in vitro et d’autres in vivo et les souches de virus varient.

Autre problème: la faiblesse des échantillons. De l’avis des étudiants, il en faudrait beaucoup plus pour établir l’efficacité d’un médicament. La posologie préventive fait aussi problème: elle est basée sur l’administration d’échinacée pendant une ou deux semaines suivie immédiatement de l’inoculation du virus. Cela ne correspond pas à la réalité: on ne décide pas quand on va attraper un rhume, font valoir les étudiants.

Selon ce qu’ils ont observé, ces futurs pharmaciens conseilleraient-ils l’échinacée à des patients? Seulement si une personne ne présente pas de contre-indications et si elle dit ressentir un soulagement, conviennent-ils.

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10 février 2012
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