L’échinacée, la panacée?
Certains croient que l’échinacée permet de
lutter contre le rhume.
À quelques jours d’intervalle cet automne, les
médias nous ont rapporté deux études
contradictoires sur les effets de l’échinacée
(ou rudbeckie pourpre) dans la lutte contre le rhume.
Qui croire? On a posé la question à trois
équipes d’étudiants de la Faculté de
pharmacie de Paris qui présentaient leurs recherches
sur le sujet à un symposium sur les produits de
santé naturels le 23 novembre. Premier constat: les
études sur l’échinacée se suivent,
mais ne se ressemblent pas.
Une équipe a examiné la littérature relative
aux effets de la rudbeckie sur les enfants. Dans
l’ensemble, les résultats indiquent que la
diminution de la gravité des symptômes et de leur
durée est minime, soit de l’ordre de 10 à 30
%, et que les extraits de la plante ne se sont pas
révélés efficaces pour réduire la
fièvre, les éternuements et
l’écoulement nasal.
Une seule étude semble avoir mis au jour des effets plus
marqués, soit une réduction de 62 % de la
durée de l’infection; mais, dans ce cas, les
extraits ont été administrés avec de la
vitamine C et de la propolis (substance végétale
anti-infectieuse recueillie par les abeilles).
Certains travaux montrent par ailleurs que
l’échinacée serait contre-indiquée
dans les cas d’éruptions cutanées et
d’allergies au pollen de certaines fleurs.
L’équipe conclut que la plante n’est pas
recommandée chez les enfants puisque les bienfaits ne sont
pas supérieurs aux risques.
Les recherches des autres équipes montrent elles aussi une
efficacité limitée de
l’échinacée lorsque celle-ci est
administrée dès les premiers signes de rhume. La
plante renforcerait la réponse immunitaire mais aurait
à long terme un effet inverse, ce qui la rend
contre-indiquée en cas de maladies auto-immunes (lupus,
sclérose en plaques, arthrite rhumatoïde) ou quand
elle est combinée avec des immunosuppresseurs.
Selon les étudiants, les résultats souvent
contradictoires seraient dus au fait qu’il n’y a pas
de standardisation dans les préparations
d’échinacée ni dans les protocoles de
recherche. Les composants actifs de la rudbeckie ne sont pas tous
connus et varient selon les trois espèces qu’on
trouve sur le marché (angustifolia, pupurea ou pallida).
Les différents produits de consommation sont tirés
de différentes parties de la plante (racine, tige,
feuilles, fleur) et existent sous diverses formes (jus,
comprimés, infusions, teintures). Finalement, certaines
études ont été faites in vitro et
d’autres in vivo et les souches de virus varient.
Autre problème: la faiblesse des échantillons. De
l’avis des étudiants, il en faudrait beaucoup plus
pour établir l’efficacité d’un
médicament. La posologie préventive fait aussi
problème: elle est basée sur l’administration
d’échinacée pendant une ou deux semaines
suivie immédiatement de l’inoculation du virus. Cela
ne correspond pas à la réalité: on ne
décide pas quand on va attraper un rhume, font valoir les
étudiants.
Selon ce qu’ils ont observé, ces futurs pharmaciens conseilleraient-ils l’échinacée à des patients? Seulement si une personne ne présente pas de contre-indications et si elle dit ressentir un soulagement, conviennent-ils.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2008-02-07/l_echinacee_la_panacee.htm
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