Les enfants et la télé
Plus de doute possible, les scientifiques sont aujourd’hui
unanimes : l’abus de petit écran fait des ravages
chez les enfants.
Prostrés, sourds à tout appel, le regard
rivé, la pupille fixe, méconnaissables, comme
statufiés devant le petit écran des heures durant :
beaucoup d’enfants boivent la télé
jusqu’à plus soif, et les parents trinquent. Ils se
sentent à la fois coupables inquiets et soulagés:
coupables de leur impuissance à arracher leurs enfants
à la fascination qu’exercent ces flots
d’images sur leur rétine ; inquiets d’un effet
hypothétiquement dévastateur sur leur tendre
cervelle mais… soulagés parfois car ils ont une
paix royale pour faire la grasse matinée !
Jusque-là, la crainte parentale était sans
fondement, dans la mesure où les experts semblaient
incapables de diagnostiquer avec certitude les méfaits de
cette consommation à haute dose sur des consciences en
herbe. Certes, chacun d’entre nous pouvait intuitivement
pressentir sa nocivité, mais les thèses
d’experts se contredisaient, et faute de certitudes, faute
d’outils, les parents étaient plus enclins à
céder à la tyrannie de la tv qu’à la
combattre avec efficacité. Mais voilà
désormais que sur ce front, les choses bougent. Les
chercheurs du monde entier sont enfin unanimes : l’abus de
télé nuit aux neurones en plein
développement des enfants, et affecte leur comportement et
leur santé. Le lien entre la télévision et
les nouveaux troubles de l’enfance est désormais
établi.
Si nos enfants restent scotchés devant la
télé, c’est qu’elle les plonge dans un
état proche de l’hypnose. Tout se passe au niveau du
cerveau : aussitôt le poste allumé, des ondes
lentes, dites « alpha », prennent le relais des ondes
« bêta », celles de l’éveil. En
temps normal, ce processus s’opère chez un individu
en état de légère léthargie qui garde
les yeux fermés, ou qui est en train de s’endormir.
Les chercheurs ont également observé chez
l’enfant gavé de télé une nette
prédominance de l’activité
cérébrale dans l’hémisphère
droit, celui qui traite l’information de façon
émotionnelle. Résultat : l’esprit critique
est annihilé et la capacité d’apprendre
diminue.
La télévision affecte la capacité de
représentation de l’enfant, autrement dit,
altère sa faculté d’imagination. C’est
ce que montre de manière évidente un
pédiatre allemand qui a étudié pendant plus
de dix-sept ans les dessins de quelque mille neuf cents enfants,
âgés de 5 à 6 ans. Plus les enfants passent
du temps devant le poste, plus leurs dessins
s’appauvrissent en détails et perdent de leur
relief, quand ils ne sont pas carrément
déstructurés pour les plus mangeurs de
TV !
L’abus de télé nuit aussi à la
capacité des enfants à se concentrer et à
apprendre. Ainsi, plus un bébé aura regardé
la télévision, plus ses risques
d’échouer dès la première primaire
seront élevés. Et les méfaits se confirment
sur la durée : une enquête
néo-zélandaise , portant sur un millier
d’individus nés en 1972 et 1973 et suivis pendant
trente ans, a montré que plus ils avaient abusé de
la télé pendant leur enfance, moins leur niveau
d’études était élevé.
L’excès de stimulation audiovisuelle peut donc
provoquer un déficit de l’attention, voire, pire, de
l’hyperactivité.
La TV perturbe leur sommeil : la consommation
télévisuelle augmente cauchemars,
difficultés à s’endormir et réveils au
milieu de la nuit, aussi bien chez le bébé que chez
l’enfant ou l’adolescent. La faute au milieu familial
plutôt qu’à la télé ? Pas
sûr : quels que soient leur niveau socioculturel et leur
environnement affectif, les adolescents qui consomment trois
heures de télévision par jour à 13 ans
rencontrent davantage de problèmes de sommeil. Et ces
problèmes perdurent jusqu’à l’âge
adulte
La TV favorise l’obésité : selon la
dernière enquête du gouvernement américain
sur la santé et la nutrition , les jeunes de 8 à 16
ans qui passent plus de quatre heures par jour devant la
télé sont plus gros que ceux qui la regardent moins
de deux heures. A l’inverse, des enfants qui
réduisent leur consommation télévisuelle
voient diminuer leur masse graisseuse sans même avoir
modifié leur comportement alimentaire.
En cause : le manque d’exercice, le grignotage,
l’influence de publicités vantant une alimentation
trop riche en calories, mais aussi et surtout les troubles du
sommeil qu’elle engendre. En effet, le manque de sommeil
affecte directement les mécanismes de la digestion et
l’assimilation des graisses.
La TV peut rendre les enfants violents : une étude
anglo-saxonne menée durant près de vingt ans a mis
en relation la consommation télévisuelle de
centaines d’individus et leur parcours judiciaire. Les
résultats ? Accablants pour les amateurs
d’émissions violentes.
L’imagerie cérébrale permet aujourd’hui
de comprendre pourquoi. Devant des images violentes, le cerveau
réagit comme s’il était exposé
à une situation réelle : il se met en état
d’alerte, mobilisant le système limbique (ou
siège des émotions), avec des réflexes de
fuite ou d’agression. Mais à force de visionner le
même genre d’images, ce système d’alerte
subit une désensibilisation. Ainsi, progressivement, les
enfants s’habituent à la violence et en viennent
à la reproduire sans émotion.
Je pense que nous allons réfléchir autrement quand nous verrons nos chers petits le regard rivé vers l’écran !
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2008-01-28/les_enfants_et_la_tele.htm
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