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Les enfants et la télé

Webmaster 28/01/08 10:34

Plus de doute possible, les scientifiques sont aujourd’hui unanimes : l’abus de petit écran fait des ravages chez les enfants.

Prostrés, sourds à tout appel, le regard rivé, la pupille fixe, méconnaissables, comme statufiés devant le petit écran des heures durant : beaucoup d’enfants boivent la télé jusqu’à plus soif, et les parents trinquent. Ils se sentent à la fois coupables inquiets et soulagés: coupables de leur impuissance à arracher leurs enfants à la fascination qu’exercent ces flots d’images sur leur rétine ; inquiets d’un effet hypothétiquement dévastateur sur leur tendre cervelle mais… soulagés parfois car ils ont une paix royale pour faire la grasse matinée !

Jusque-là, la crainte parentale était sans fondement, dans la mesure où les experts semblaient incapables de diagnostiquer avec certitude les méfaits de cette consommation à haute dose sur des consciences en herbe. Certes, chacun d’entre nous pouvait intuitivement pressentir sa nocivité, mais les thèses d’experts se contredisaient, et faute de certitudes, faute d’outils, les parents étaient plus enclins à céder à la tyrannie de la tv qu’à la combattre avec efficacité. Mais voilà désormais que sur ce front, les choses bougent. Les chercheurs du monde entier sont enfin unanimes : l’abus de télé nuit aux neurones en plein développement des enfants, et affecte leur comportement et leur santé. Le lien entre la télévision et les nouveaux troubles de l’enfance est désormais établi.

Si nos enfants restent scotchés devant la télé, c’est qu’elle les plonge dans un état proche de l’hypnose. Tout se passe au niveau du cerveau : aussitôt le poste allumé, des ondes lentes, dites « alpha », prennent le relais des ondes « bêta », celles de l’éveil. En temps normal, ce processus s’opère chez un individu en état de légère léthargie qui garde les yeux fermés, ou qui est en train de s’endormir. Les chercheurs ont également observé chez l’enfant gavé de télé une nette prédominance de l’activité cérébrale dans l’hémisphère droit, celui qui traite l’information de façon émotionnelle. Résultat : l’esprit critique est annihilé et la capacité d’apprendre diminue.

La télévision affecte la capacité de représentation de l’enfant, autrement dit, altère sa faculté d’imagination. C’est ce que montre de manière évidente un pédiatre allemand qui a étudié pendant plus de dix-sept ans les dessins de quelque mille neuf cents enfants, âgés de 5 à 6 ans. Plus les enfants passent du temps devant le poste, plus leurs dessins s’appauvrissent en détails et perdent de leur relief, quand ils ne sont pas carrément déstructurés pour les plus mangeurs de TV !

L’abus de télé nuit aussi à la capacité des enfants à se concentrer et à apprendre. Ainsi, plus un bébé aura regardé la télévision, plus ses risques d’échouer dès la première primaire seront élevés. Et les méfaits se confirment sur la durée : une enquête néo-zélandaise , portant sur un millier d’individus nés en 1972 et 1973 et suivis pendant trente ans, a montré que plus ils avaient abusé de la télé pendant leur enfance, moins leur niveau d’études était élevé. L’excès de stimulation audiovisuelle peut donc provoquer un déficit de l’attention, voire, pire, de l’hyperactivité.

La TV perturbe leur sommeil : la consommation télévisuelle augmente cauchemars, difficultés à s’endormir et réveils au milieu de la nuit, aussi bien chez le bébé que chez l’enfant ou l’adolescent. La faute au milieu familial plutôt qu’à la télé ? Pas sûr : quels que soient leur niveau socioculturel et leur environnement affectif, les adolescents qui consomment trois heures de télévision par jour à 13 ans rencontrent davantage de problèmes de sommeil. Et ces problèmes perdurent jusqu’à l’âge adulte

La TV favorise l’obésité : selon la dernière enquête du gouvernement américain sur la santé et la nutrition , les jeunes de 8 à 16 ans qui passent plus de quatre heures par jour devant la télé sont plus gros que ceux qui la regardent moins de deux heures. A l’inverse, des enfants qui réduisent leur consommation télévisuelle voient diminuer leur masse graisseuse sans même avoir modifié leur comportement alimentaire.

En cause : le manque d’exercice, le grignotage, l’influence de publicités vantant une alimentation trop riche en calories, mais aussi et surtout les troubles du sommeil qu’elle engendre. En effet, le manque de sommeil affecte directement les mécanismes de la digestion et l’assimilation des graisses.

La TV peut rendre les enfants violents : une étude anglo-saxonne menée durant près de vingt ans a mis en relation la consommation télévisuelle de centaines d’individus et leur parcours judiciaire. Les résultats ? Accablants pour les amateurs d’émissions violentes.

L’imagerie cérébrale permet aujourd’hui de comprendre pourquoi. Devant des images violentes, le cerveau réagit comme s’il était exposé à une situation réelle : il se met en état d’alerte, mobilisant le système limbique (ou siège des émotions), avec des réflexes de fuite ou d’agression. Mais à force de visionner le même genre d’images, ce système d’alerte subit une désensibilisation. Ainsi, progressivement, les enfants s’habituent à la violence et en viennent à la reproduire sans émotion.

Je pense que nous allons réfléchir autrement quand nous verrons nos chers petits le regard rivé vers l’écran !

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10 février 2012
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