Le vieillissement de l’oreille, handicap social
Ce phénomène d’usure parfaitement naturel, partagé par de très nombreux Belges, produit un certain isolement. Mieux vaut l’identifier puisqu’il existe des solutions, pour ne pas se déshabituer des bruits de la vie…
A partir de 50 ans, 2 personnes sur 3 deviennent
presbyacousiques. Et près de la moitié se coupent
de toute communication parce qu’elles suivent difficilement
une conversation. Mais moins d’une personne sur 5 qui
devrait être appareillée l’est
effectivement…
Dès que vous faites un effort pour comprendre, comme pour
une langue étrangère, c’est que votre
audition n’est déjà plus tout à fait
normale… ce qui est normal, même si d’un
individu à l’autre, l’âge auquel
survient cette perte d’audition ou son intensité
diffère.
Cette altération des facultés auditives vient de ce
que les cellules ciliées de la cochlée, dans
l’oreille interne, sont progressivement détruites,
par les traumatismes sonores certes prématurément
et, plus généralement, en raison du vieillissement
qui touche l’organisme tout entier. Ce qui est perdu
l’est définitivement puisqu’il n’existe
aucun traitement de la dégénérescence de ces
cellules, environ 15 000 par oreille.
Moins spectaculaire que la cécité, la perte de
l’audition a quelques inconvénients, non
négligeables… Bien entendre permet de mieux se
protéger, des dangers de la route, d’une machine qui
s’emballe, etc. Ne pas entendre représente aussi une
sorte de perte de chance, de participer aux conversations, de
« faire du lien », d’apprendre. Par ailleurs,
le cerveau, moins sollicité parce que privé
d’informations, perd peu à peu la faculté de
les traiter.
On perd d’abord les aiguës, c’est-à-dire
les voyelles, particulièrement en milieu bruyant, et comme
les consonnes (qui « sonnent avec » les voyelles)
deviennent alors peu sonores, le message paraît ne plus
signifier grand-chose : le passage du son au sens est
compromis.
Le cerveau, qui ne perçoit plus certaines
fréquences, réorganise ses neurones, leur attribue
d’autres tâches, ce qui contribue à la
déformation de l’univers sonore… et à
une difficulté encore plus grande de décryptage des
signaux. D’où l’intérêt de
dépister tôt ces troubles de l’audition. Ayez
donc la puce à l’oreille si vous êtes
obligé de monter le son (et les vibrations
conséquentes) pour entendre, si vous êtes
gêné au restaurant ou en famille, à plusieurs
conversations, ou si vous vous surprenez, à plusieurs
reprises, à faire répéter.
C’est un médecin ORL qui mesure l’audition, par une audiométrie en deux temps. Le premier examen explore la perception des sons, graves ou aigus, d’une oreille après l’autre : la courbe d’une personne presbyacousique est en pente descendante sur les fréquences élevées (les aiguës). Cette perte auditive est souvent bilatérale et symétrique. Complémentaire, l’audiométrie vocale, qui permet d’évaluer la gêne sociale, par des tests phonétiques et d’intelligibilité des syllabes. Ces deux examens qui consistent à faire entendre des sons sont bien sûr complètement indolores.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2008-01-14/le_vieillissement_de_l_oreille_handicap_social.htm
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