Biberons et livres : le bon mariage
Des études ont démontré que la manipulation
des livres en bas âge favorise l’acquisition de
vocabulaire et, par ricochet, la réussite scolaire.
Il n’est jamais trop tôt pour initier un enfant
à la lecture. Les chercheurs et les professionnels
recommandent même de commencer au berceau… ou
presque.
On peut regarder un livre cartonné avec un petit
bébé de 8 à 12 mois qui prend plaisir
à regarder les images. Cela lui inculque
déjà l’idée que dans les livres, il y
a quelque chose d’intéressant.
En effet, bien avant de pouvoir déchiffrer les lettres et
lire les mots qu’elles forment, l’enfant doit
être encouragé à manipuler les livres.
«L’enfant peut être préparé avant
l’école. Si un enfant n’a pas acquis un
rapport aux livres et si, avant l’école, il
n’est pas conscient des fonctions de l’écrit
(entrer en communication avec d’autres, laisser des
messages, mémoriser, etc.), il y a des risques qu’il
ait plus de difficulté à apprendre à
lire», souligne Zita De Koninck, professeure au
département de langues, linguistiques et traduction de
l’Université Laval.
Et cela peut avoir des répercussions importantes. Les
trois premières années du primaire, l’enfant
apprend à lire. À partir de la quatrième
année, il doit savoir lire pour apprendre, ce qui signifie
qu’il doit pratiquement doubler sa vitesse de lecture.
S’il n’est pas bien préparé, il prend
rapidement du retard.
Quand on sait que 50 % des décrocheurs au secondaire sont
des jeunes qui n’ont pas bien appris à lire, on
reconnaît l’importance de favoriser assez tôt
leur goût pour les bouquins.
Et cela peut se faire de plusieurs façons. D’abord,
les messages qui sont véhiculés autour du livre
dès la plus tendre enfance sont très importants. Si
l’enfant reçoit des messages négatifs comme :
“Va-t-en dans ta chambre et lis!”, la lecture
n’est pas présentée comme quelque chose
d’agréable, mais comme une punition.
Il est indéniable que l’adulte joue un rôle de
modèle. S’il voit un adulte qui lit et qui y prend
du plaisir, il y a de fortes chances que l’enfant ait aussi
le goût de lire.
Une affirmation qui trouve écho dans un document sur le
langage écrit chez les jeunes, publié par
l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du
Québec, en janvier 2007. «Tous les acteurs qui
gravitent autour de l’enfant (membres de la famille et
intervenants dans les milieux de vie de l’enfant) peuvent
jouer un rôle primordial dans la promotion de
l’éveil à l’écrit»,
lit-on.
Aujourd’hui, l’imprimé est partout. Autant en
profiter! Le simple fait de lire avec eux les pancartes ou les
boîtes de céréales peut contribuer à
éveiller un intérêt chez les tout-petits.
Quand ils font des dessins, on peut saisir l’occasion
d’y associer les mots correspondants et même de les
aider à les tracer. Vers quatre ou cinq ans, les enfants
adorent les comptines et leurs sonorités amusantes. Les
exposer à ce genre de stimulation contribue aussi à
en faire des futurs lecteurs aguerris.
Plus que de nommer les objets qui sont représentés
dans les bouquins, il faut aussi faire appel à
l’imagination de l’enfant. Par exemple, en lui
demandant d’anticiper ce qui se passera à la page
suivante.
Évidemment, l’apprentissage de la lecture commence par l’acquisition de vocabulaire. Et la meilleure façon de faire en sorte que notre enfant ait un langage riche est de prendre le temps de s’asseoir avec lui et de parler. Et quel endroit s’y prête mieux qu’autour d’une table? Les heures de repas sont reconnues dans les recherches comme des moments privilégiés parce que les enfants sont en interaction soutenue avec les parents. Il faut partager des expériences.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2007-11-26/biberons_et_livres_le_bon_mariage.htm
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