TOC : l'enfer de l'obsession
Se laver les mains 40 fois par jour, ranger chaque soir pendant
des heures ses chaussettes... 2 à 4 % de la population
serait concernée par des troubles obsessionnels
compulsifs. Et les plus jeunes ne sont pas épargnés
par les TOC.
Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) font partie des
pathologies de l’anxiété. Les personnes qui
en sont victimes sont confrontées à des
pensées préoccupantes qui reviennent sans cesse
(obsessions). Elles sont contraintes, pour les chasser ou les
empêcher de survenir, de se livrer à des rituels
particuliers (compulsions).
Parmi les plus fréquentes des obsessions figurent :
- La crainte permanente des germes ou de la saleté, qui entraînent comme rituel de se laver les mains des dizaines de fois par jour, de ne pas pouvoir serrer la main des gens, de nettoyer son bureau ou son logement en permanence ;
- Les doutes sur ce qu’on vient de faire (a-t-on bien fermé la porte à clef avant de partir, par exemple), qui obligent à vérifier des dizaines de fois des actes simples de la vie quotidienne ;
- Des pensées de violence, ou d’actes sexuels envers des proches, pensées auxquelles on craint de céder et qui font mettre en place des rituels pour ne pas y succomber ;
- L’obsession de l’ordre, de la symétrie, qui conduit à effectuer des opérations de rangement incessantes.
Ces rituels ne procurent aucun plaisir particulier au malade,
mais il se sent contraint de s’y livrer. C’est la
seule manière d’obtenir un répit temporaire
de ses obsessions. De même le sujet se rend compte en
général que les obsessions et les rituels pour les
combattre n’ont aucun sens, mais il ne peut les
arrêter.
La plupart des personnes sont sujettes de temps en temps à
ce genre de symptômes (certaines superstitions par exemple
comme la crainte de passer sous une échelle peuvent
être rapprochés de rituels obsessionnels), mais on
parle de TOC lorsque les troubles occupent au moins une heure par
jour de la vie d’un sujet et retentissent
négativement sur ses activités. De plus ces
troubles s’accompagnent parfois de dépression, de
troubles de l’alimentation (anorexie ou boulimie),
d’autres manifestations anxieuses. Ils peuvent conduire
ceux qui en sont atteints à fuir dans la consommation
d’alcool ou de drogues. Il arrive qu’ils aient, par
leur intensité et le temps qu’ils font perdre, un
retentissement sérieux sur l’activité
professionnelle.
Quelles sont les causes du T.O.C. ?
Facteurs familiaux et génétiques : Ils sont
fortement suspectés. On trouve en effet un nombre
élevé de formes subsyndromiques du TOC
(symptômes proches des TOC) et de troubles anxieux chez les
parents des patients obsessionnels. Il y a transmission
génétique complexe : plusieurs gènes
pourraient être en cause. Un a été
isolé, le gène de la COMT
(catéchol-O-méthyl transférase).
Les facteurs non génétiques
(environnementaux, hormonaux, infectieux, traumatiques) sont
nécessaires pour exprimer (ou à l’inverse
modifier) une vulnérabilité
génétique.
Aspects neurobiologiques : Depuis une dizaine d'années,
plusieurs pistes neurobiologiques sont ouvertes, tels les
dysfonctionnements des systèmes de neurotransmetteurs
(sérotonine, dopamine, vasopressine...).
Dysfonctionnement régional cérébral :
Dysfonctionnement du système reliant le cortex
préfrontal, le système limbique et les ganglions de
la base.
Aspects infectieux : Des recherches sont en cours sur les
Troubles Neuropsychiatriques Auto-immuns Pédiatriques
Associés aux infections à Streptocoques (PANDAS)
chez des enfants présentant un TOC faisant suite à
une infection streptococcique bêta-hémolytique du
groupeA.
L’évolution est très variable. Dans certains
cas les symptômes ne sont pas trop importants ou ils
diminuent avec le temps et restent supportables et compatibles
avec une vie normale. Dans d’autres cas ils évoluent
par poussées entre lesquelles ils restent
modérés. Dans d’autres cas enfin ils
s’aggravent progressivement et nécessitent un
traitement spécialis
Il y a deux sortes de traitements des TOC : les
psychothérapies et les médicaments. Ils sont
souvent utilisés de concert.
Les psychothérapies sont diverses. La thérapie
comportementale est souvent efficace. C’est au
spécialiste neuropsychiatre de déterminer la
meilleure indication, en fonction des troubles et de la
personnalité du sujet.
Les médicaments anxiolytiques (benzodiazépines notamment) réduisent l’anxiété, mais les antidépresseurs, sans que l’on sache exactement pourquoi, ont souvent un effet très positif sur la maladie.
Lien direct vers cet article: http://www.medicalservices.be/news/2007-11-17/toc_l_enfer_de_l_obsession.htm
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