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TOC : l'enfer de l'obsession

Webmaster 21/11/07 08:21 - Dernière Modification: 17/11/07 19:42

Se laver les mains 40 fois par jour, ranger chaque soir pendant des heures ses chaussettes... 2 à 4 % de la population serait concernée par des troubles obsessionnels compulsifs. Et les plus jeunes ne sont pas épargnés par les TOC.

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) font partie des pathologies de l’anxiété. Les personnes qui en sont victimes sont confrontées à des pensées préoccupantes qui reviennent sans cesse (obsessions). Elles sont contraintes, pour les chasser ou les empêcher de survenir, de se livrer à des rituels particuliers (compulsions).

Parmi les plus fréquentes des obsessions figurent :

  • La crainte permanente des germes ou de la saleté, qui entraînent comme rituel de se laver les mains des dizaines de fois par jour, de ne pas pouvoir serrer la main des gens, de nettoyer son bureau ou son logement en permanence ;
  • Les doutes sur ce qu’on vient de faire (a-t-on bien fermé la porte à clef avant de partir, par exemple), qui obligent à vérifier des dizaines de fois des actes simples de la vie quotidienne ;
  • Des pensées de violence, ou d’actes sexuels envers des proches, pensées auxquelles on craint de céder et qui font mettre en place des rituels pour ne pas y succomber ;
  • L’obsession de l’ordre, de la symétrie, qui conduit à effectuer des opérations de rangement incessantes.

Ces rituels ne procurent aucun plaisir particulier au malade, mais il se sent contraint de s’y livrer. C’est la seule manière d’obtenir un répit temporaire de ses obsessions. De même le sujet se rend compte en général que les obsessions et les rituels pour les combattre n’ont aucun sens, mais il ne peut les arrêter.

La plupart des personnes sont sujettes de temps en temps à ce genre de symptômes (certaines superstitions par exemple comme la crainte de passer sous une échelle peuvent être rapprochés de rituels obsessionnels), mais on parle de TOC lorsque les troubles occupent au moins une heure par jour de la vie d’un sujet et retentissent négativement sur ses activités. De plus ces troubles s’accompagnent parfois de dépression, de troubles de l’alimentation (anorexie ou boulimie), d’autres manifestations anxieuses. Ils peuvent conduire ceux qui en sont atteints à fuir dans la consommation d’alcool ou de drogues. Il arrive qu’ils aient, par leur intensité et le temps qu’ils font perdre, un retentissement sérieux sur l’activité professionnelle.

Quelles sont les causes du T.O.C. ?

Facteurs familiaux et génétiques : Ils sont fortement suspectés. On trouve en effet un nombre élevé de formes subsyndromiques du TOC (symptômes proches des TOC) et de troubles anxieux chez les parents des patients obsessionnels. Il y a transmission génétique complexe : plusieurs gènes pourraient être en cause. Un a été isolé, le gène de la COMT (catéchol-O-méthyl transférase).

 Les facteurs non génétiques (environnementaux, hormonaux, infectieux, traumatiques) sont nécessaires pour exprimer (ou à l’inverse modifier) une vulnérabilité génétique.

Aspects neurobiologiques : Depuis une dizaine d'années, plusieurs pistes neurobiologiques sont ouvertes, tels les dysfonctionnements des systèmes de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine, vasopressine...).

Dysfonctionnement régional cérébral : Dysfonctionnement du système reliant le cortex préfrontal, le système limbique et les ganglions de la base.

Aspects infectieux : Des recherches sont en cours sur les Troubles Neuropsychiatriques Auto-immuns Pédiatriques Associés aux infections à Streptocoques (PANDAS) chez des enfants présentant un TOC faisant suite à une infection streptococcique bêta-hémolytique du groupeA.

L’évolution est très variable. Dans certains cas les symptômes ne sont pas trop importants ou ils diminuent avec le temps et restent supportables et compatibles avec une vie normale. Dans d’autres cas ils évoluent par poussées entre lesquelles ils restent modérés. Dans d’autres cas enfin ils s’aggravent progressivement et nécessitent un traitement spécialis

Il y a deux sortes de traitements des TOC : les psychothérapies et les médicaments. Ils sont souvent utilisés de concert.

Les psychothérapies sont diverses. La thérapie comportementale est souvent efficace. C’est au spécialiste neuropsychiatre de déterminer la meilleure indication, en fonction des troubles et de la personnalité du sujet.

Les médicaments anxiolytiques (benzodiazépines notamment) réduisent l’anxiété, mais les antidépresseurs, sans que l’on sache exactement pourquoi, ont souvent un effet très positif sur la maladie.

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10 février 2012
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